Nous reprenons nos travaux sur les oraisons du Missel. Après avoir traité de la prière d'ouverture de l'Assemblée (« collecte »), nous traiterons à partir d'aujourd'hui, de la prière sur les offrandes dans le Missel de Paul VI.

Durant le Temps Ordinaire après la Pentecôte, les chrétiens ont souvent les yeux fixés sur les saints qui sont pour eux des exemples et leurs intercesseurs. Les prières sur les offrandes en la fête des saints durant cette période font souvent allusion à des événements de l'histoire de l'Eglise (Cf. en particulier le 8 août -St Dominique-, le 20 août -St Bernard-, le 21 août -St Pie X-, etc.).

Pour la fête de sainte Brigitte de Suède (23 juillet), l'Eglise a fait choix d'un texte récent qui s'inspire librement de la prière sur les offrandes en la fête de saint Jérôme Emilien (le 20 juillet dans le Missel de 1962). Voici ce texte :

Dieu plein de bonté, qui as détruit en sainte Brigitte le vieillissement du péché et qui as fait d'elle une créature nouvelle ; accorde-nous la même grâce de renouveau pour que nous puissions te présenter cette eucharistie comme une offrande qui te plaise. Par Jésus.

« Le vieil homme à anéantir, c'est la nature déchue en Adam ; le nouveau à faire revivre, c'est Jésus Christ. » (Bx Ildefonse Schuster LS, VIII, p.102)

Les deux Adam sont le principe de deux manières de vivre : dans l'Epître aux Romains, saint Paul a décrit la condition de l'homme abandonné à lui-même, sans le Christ : il expérimente que le péché et la mort finissent par avoir raison de ses efforts pour s'en délivrer.

Le baptisé, quant à lui, ne trouve plus le principe de son existence et de son agir en lui-même, mais dans l'Esprit de Jésus qui l'habite. Certes, il reste un être voué à la mort et marqué par le péché. Pourtant si l'Esprit a donné vie au Christ en le ressuscitant d'entre les morts, pourquoi ne serait-il pas aussi efficace en nous ? Sans même attendre notre propre résurrection, déjà, si nous sommes fidèles, l'Esprit nous donne une vie nouvelle qui est ouverte à Dieu et à nos frères.

C'est à cette doctrine que fait allusion notre prière sur les offrandes. « C'est pourquoi l'Eucharistie est un mystère et de mort et de vie ; afin qu'en Jésus Crucifié nous mourions à notre premier père, Adam pécheur, et vivons ensuite du Christ, jadis mort, mais ressuscité et maintenant vivant en Dieu. Quod autem vivit, vivit Deo. (Idem, VIII,p.102, 20 juillet, St Jérôme Emilien, Secrète)